Pourquoi le béton a-t-il besoin d’armature ?
Le béton peut supporter des charges de compression extrêmement élevées, ce qui en fait un excellent matériau pour les fondations, les planchers, les routes et diverses structures porteuses. En revanche, il est beaucoup plus vulnérable aux charges de traction et de flexion, qui peuvent le faire se fissurer plus facilement.
Cela signifie que, même si le béton peut supporter un poids considérable venant d’en haut, les contraintes provenant d’en bas ou sur les côtés peuvent déjà provoquer des fissures.
Il est important de comprendre que ces contraintes ne sont pas uniquement dues à des charges importantes. Béton :
- rétrécit pendant la prise et le séchage,
- se dilate et se contracte au gré des variations de température,
- réagit aux mouvements du sol de fondation,
- et subit également l'influence du trafic routier et des charges concentrées.
Quel est le rôle du renforcement ?
L’armature du béton remplit plusieurs fonctions importantes :
- cela limite la formation et la largeur des fissures,
- il comble les fissures qui se sont déjà formées,
- cela permet de répartir les charges de manière plus homogène,
- cela renforce la résistance à la flexion et aux chocs,
- et cela permet d'éviter que des fissures mineures ne se transforment en dommages structurels graves.
Il est important de noter que le renforcement ne signifie pas que le béton ne se fissurera jamais. L’objectif est de maîtriser l’apparition des fissures et de garantir que la structure reste sûre et utilisable à long terme.
Est-il possible de renforcer le béton sans acier ?
La réponse est oui, dans certains cas, mais pas pour tous les types de structures.
La possibilité de se passer d’armatures en acier dépend toujours des éléments suivants :
- le type de construction en cours,
- les charges qu'il devra supporter,
- l'épaisseur du béton,
- ainsi que les conditions dans lesquelles il sera utilisé.
Dans quels cas les armatures sans acier donnent-elles de bons résultats ?
Le béton renforcé de fibres est de plus en plus utilisé dans :
- dalles en béton posées sur le sol,
- sols industriels,
- surfaces en béton à l'extérieur,
- allées,
- surfaces en béton à usage agricole.
Dans ces applications, les fibres de renforcement sont ajoutées au béton lors du malaxage, ce qui leur permet de se répartir dans l’ensemble du volume de béton.
Quels sont les éléments à prendre en compte ?
L’un des principes les plus importants est le suivant :
L’armature choisie doit être réellement capable de remplir la fonction structurelle requise.
Une microfibre, par exemple, peut contribuer à réduire les fissures de retrait précoces dans le béton frais, mais elle ne remplace pas l’armature structurelle.
Pour cela, il faut recourir à une macrofibre structurelle. Lorsqu’elle est correctement choisie et dosée, elle permet :
- fissures dans les ponts,
- répartir les forces le long des fissures,
- et répartir les charges au sein de la dalle en béton.
Dans quels cas l’acier ne peut-il pas être omis ?
L’armature en acier peut encore s’avérer indispensable dans des ouvrages tels que :
- dalles suspendues,
- poutres,
- colonnes,
- éléments de structure soumis à de fortes charges ou à de fortes déformations.
Dans ces cas-là, le système de renforcement doit toujours être défini par un ingénieur en structure qualifié.
La véritable question n’est donc pas de savoir si l’acier peut toujours être omis, mais quelle solution de renforcement permet d’assurer en toute sécurité la fonction requise dans la structure concernée.
Que signifie exactement « armature de béton sans acier » ?
Le fait de ne pas utiliser d’acier pour l’armature du béton ne signifie pas pour autant que le béton n’est pas armé. Le béton contient toujours un matériau ou un élément structurel qui :
- limite l'apparition de fissures,
- répartit les charges,
- et améliore la durabilité.
La différence réside dans le fait que ces fonctions ne sont pas assurées par des barres d’armature traditionnelles ni par des treillis métalliques soudés.
La solution la plus courante : le béton fibré
Avec cette méthode, différents types de fibres sont incorporés directement dans le béton. Ces fibres :
- se répartissent dans tout le volume de béton,
- et ne sont pas disposées dans un seul plan, comme c'est généralement le cas pour les treillis métalliques.
Types courants d’armatures sans acier
- microfibres,
- macrofibres structurelles,
- renfort en fibre de verre,
- renfort en fibre de basalte,
- barres et treillis en composite renforcé de fibres.
Quelle est la différence entre les deux ?
Les microfibres sont principalement utilisées pour réduire les fissures de retrait précoces dans le béton frais.
Les macrofibres structurelles sont des fibres plus grosses et plus résistantes qui peuvent également jouer un rôle de renforcement structurel lorsqu’elles sont correctement conçues et dosées.
Pourquoi les armatures sans acier sont-elles avantageuses ?
Parmi ses principaux avantages, on peut citer :
- renfort tridimensionnel,
- aucun risque de corrosion,
- et une construction plus simple.
Comment fonctionnent les macrofibres structurelles dans le béton ?
Les macrofibres structurelles sont ajoutées directement au béton frais. Lors d’un malaxage adéquat, les fibres se répartissent dans tout le volume du béton, créant ainsi une armature tridimensionnelle.
Cela diffère considérablement des treillis métalliques soudés. Les treillis métalliques sont placés à une hauteur précise et dans un seul plan. Les macrofibres, en revanche, sont présentes sur toute la section transversale du béton.
Que se passe-t-il lorsqu’une fissure apparaît ?
De petites fissures peuvent commencer à se former dans le béton sous l’effet des charges, du retrait ou des variations de température. Lorsqu’une fissure atteint les fibres, celles-ci relient les deux côtés de la fissure et continuent à transmettre les forces entre eux.
C’est ce qu’on appelle le « pontage de fissure ».
Les fibres ont donc :
- ralentir l'ouverture de la fissure,
- limiter la largeur de la fissure,
- aider à transférer les charges,
- et permettre au béton de conserver une partie de sa capacité portante après la formation de fissures.
La matière première de la fibre n’est pas le seul facteur important
Plusieurs caractéristiques doivent être réunies pour que la fibre fonctionne correctement :
- une longueur de fibre appropriée,
- une résistance à la traction suffisante,
- une adhérence fiable au béton,
- une conception de surface adaptée,
- un apport suffisant en fibres,
- une répartition homogène dans tout le béton.
Une fibre plastique lisse, fragile ou trop courte ne peut pas remplir la même fonction qu’une macrofibre structurelle spécialement conçue pour le renforcement du béton.
Quels sont les avantages d’un armature de béton sans acier ?
Les avantages d’un armature sans acier ne peuvent être évalués en se contentant de comparer le prix d’achat des fibres à celui des treillis soudés. Il faut prendre en compte l’ensemble du processus de construction.
Une construction plus simple
Les treillis métalliques doivent être acheminés jusqu’au chantier, déchargés, découpés aux dimensions requises, superposés, attachés entre eux et posés sur des cales d’épaisseur adaptées.
L’utilisation de macrofibres structurelles permet de supprimer bon nombre de ces étapes de travail. Les fibres sont dosées dans le béton et mélangées soigneusement.
Cela peut constituer un avantage considérable lors du bétonnage de grandes surfaces.
Réduction du temps de préparation
La pose d’un treillis métallique peut nécessiter beaucoup de temps et de main-d’œuvre. Le renforcement par fibres permet de réduire le temps de préparation, car il n’est plus nécessaire de poser un renfort séparé.
Une construction plus rapide peut :
- réduire les coûts de main-d'œuvre,
- réduire la durée des travaux,
- et simplifier l'organisation du site.
Moins de manutention
Les treillis métalliques sont lourds, nécessitent un vaste espace de stockage et leur manutention requiert souvent l’intervention de plusieurs ouvriers ou l’utilisation de machines.
Les macrofibres structurelles sont légères, faciles à stocker et plus simples à transporter jusqu’au chantier. Cela s’avère particulièrement avantageux sur les petits chantiers ou dans les endroits difficiles d’accès.
Aucun risque de corrosion
L’acier peut se corroder au contact de l’humidité et de l’oxygène. Si le béton se fissure ou si l’enrobage autour de l’armature est insuffisant, la corrosion peut endommager progressivement la structure.
Les macrofibres structurelles en polymère ne rouillent pas. Cela peut les rendre particulièrement intéressantes dans les domaines suivants :
- les environnements humides,
- bâtiments agricoles,
- surfaces en béton à l'extérieur,
- sols exposés à des substances chimiques,
- et les zones régulièrement en contact avec l'eau.
Pas de filet enfoncé ou mal positionné
Le treillis métallique ne fonctionne correctement que s’il reste dans la position prévue. Dans la pratique, il peut arriver que le treillis soit posé directement sur la couche de fondation, qu’il soit déplacé pendant le coulage du béton ou qu’il soit enfoncé lorsque les ouvriers marchent dessus.
Dans ces cas-là, l’armature n’est plus placée à la bonne hauteur pour remplir sa fonction structurelle prévue.
En revanche, lorsque les macrofibres sont correctement mélangées, elles sont réparties dans l’ensemble du volume du béton. Il n’y a donc aucun risque que l’armature se retrouve positionnée trop bas ou trop haut dans un même plan.
Dans quelles applications peut-on remplacer les armatures en acier ?
Les macrofibres structurelles peuvent principalement se substituer aux treillis métalliques soudés traditionnels dans les dalles en béton posées sur sol, construites sur une couche de fondation correctement préparée et compactée.
Parmi les applications possibles, on peut citer :
- sols industriels,
- sols d'entrepôt,
- sols d'ateliers,
- parcs à béton destinés à l'agriculture,
- sols des bâtiments d'élevage,
- sols de hangars à machines,
- sols de garage,
- allées,
- surfaces en béton à l'extérieur,
- trottoirs,
- terrasses,
- dalles posées au sol et peu chargées,
- certaines fondations en dalle.
Toutefois, cette liste ne signifie pas que toutes ces structures puissent automatiquement être construites sans armature en acier.
Quels sont les critères permettant de déterminer si l’acier peut être remplacé ?
Il convient de prendre en compte les facteurs suivants :
- la charge prévue,
- épaisseur de la dalle,
- classe de résistance du béton,
- la capacité portante du sol de fondation,
- le compactage de la couche de fondation,
- la taille des panneaux de jonction,
- charges concentrées,
- charges par essieu des véhicules et des engins,
- les propriétés de la macrofibre,
- et la dose de fibres recommandée.
Une allée empruntée par des voitures particulières et un sol industriel soumis au passage de chariots élévateurs lourds sont soumis à des charges totalement différentes. Par conséquent, on ne peut pas utiliser la même épaisseur de béton ni le même dosage de fibres pour les deux.
Dans quels cas ne faut-il pas omettre systématiquement l’armature en acier ?
Les macrofibres structurelles ne constituent pas un substitut universel à l’acier dans toutes les structures en béton armé.
Une attention particulière doit être portée aux éléments qui sont en porte-à-faux, soumis à des charges de flexion importantes ou qui jouent un rôle essentiel dans le soutien du bâtiment.
En voici quelques exemples :
- dalles suspendues,
- poutres,
- colonnes,
- linteaux,
- dalles de balcon,
- murs de soutènement,
- structures en porte-à-faux,
- éléments de structure à grande portée,
- structures de fondation soumises à de fortes charges.
Dans ces ouvrages, la quantité, l’emplacement et la disposition des armatures en acier sont déterminés par des calculs de structure. Des macrofibres peuvent parfois être utilisées comme armature d’appoint, mais l’acier ne peut être retiré que si l’ingénieur en structure approuve cette solution.
Même une dalle reposant sur le sol n’est pas toujours simple
Une dalle reposant sur le sol peut néanmoins nécessiter une armature en acier locale :
- sous les murs,
- autour des colonnes,
- près des ouvertures de portes et de portails,
- autour des puits et des passages,
- au niveau des raccords structurels,
- aux endroits exposés à des charges importantes et concentrées.
Dans ces situations, il est également possible d’associer un renforcement par fibres et un renforcement local en acier.
Treillis métallique soudé ou macrofibre structurelle ?
Les treillis métalliques soudés et les macrofibres structurelles permettent tous deux de renforcer le béton, mais leur mode de fonctionnement est différent.
| Aspect | Treillis métallique soudé | Macrofibre structurelle |
|---|---|---|
| Poste | Dans un plan donné | Dans l’ensemble du volume en béton |
| Installation | Nécessite une installation distincte | Mélangé directement au béton frais |
| Transports | Lourd et prend beaucoup de place | Léger et facile à ranger |
| Corrosion | Peut se corroder dans certaines conditions | Ne rouille pas |
| Entretoises | Généralement obligatoire | Non obligatoire |
| Découpe et chevauchement | Cela pourrait s’avérer nécessaire | Ce n’est pas nécessaire |
| Risque de mauvais positionnement | Le filet peut se déplacer ou couler | Les fibres sont réparties grâce à un mélange adéquat |
| Durée des travaux | Peut nécessiter une préparation plus longue | Permet de réduire le temps de préparation |
| Méthode de conception | En fonction de la quantité et de la disposition de l’acier | En fonction des performances et du dosage des fibres |
Quelle est la meilleure solution ?
Il n’existe pas de réponse unique valable pour toutes les structures.
L’armature en acier est une solution éprouvée et fiable pour de nombreuses structures porteuses. Les macrofibres structurelles peuvent toutefois offrir des avantages importants dans les dalles reposant sur le sol, en rendant la construction plus simple, plus rapide et plus économique.
La solution appropriée ne doit pas être choisie par simple habitude. Elle doit être déterminée en fonction de la fonction de la structure, des charges prévues et de la conception technique.
Comment détermine-t-on la dose de fibres recommandée ?
La dose de macrofibres structurelles ne peut être déterminée uniquement à partir du volume de béton sans tenir compte des conditions d’application.
La posologie appropriée dépend des facteurs suivants :
- épaisseur de la dalle,
- résistance du béton,
- capacité portante du sol de fondation,
- surface de la dalle,
- disposition des joints,
- charges prévues,
- poids du véhicule,
- charges par essieu,
- charges concentrées,
- et les performances techniques de la fibre.
Pourquoi le type de macrofibre a-t-il de l’importance ?
Les produits de différents fabricants peuvent présenter des différences au niveau :
- résistance à la traction,
- flexibilité,
- longueur des fibres,
- profil de surface,
- performance d'adhérence,
- et la capacité portante résiduelle après fissuration.
C’est pourquoi l’utilisation d’un dosage identique, exprimé en kilogrammes, pour deux macrofibres différentes ne garantit pas nécessairement les mêmes performances structurelles.
La dose requise doit donc être déterminée en fonction des caractéristiques techniques du produit concerné et des charges agissant sur la dalle.
Un calcul de structure est-il nécessaire ?
Pour les petits chantiers résidentiels soumis à des charges légères, il peut suffire de suivre les recommandations du fabricant en matière d’application et de dosage.
En voici quelques exemples :
- un petit trottoir,
- une terrasse,
- une surface en béton dans le jardin,
- une dalle d'extérieur peu usée.
Pour des charges plus importantes ou des investissements plus conséquents, il est toutefois recommandé de recourir à une conception structurelle.
Dans quels cas un calcul revêt-il une importance particulière ?
- sols industriels,
- circulation des chariots élévateurs,
- les surfaces en béton empruntées par les camions,
- de grandes surfaces au sol,
- fondations pour engins lourds,
- charges très concentrées,
- des conditions de sol de fondation fragiles ou variables,
- grands panneaux à joints,
- fondations en dalle.
Une analyse structurelle permet de déterminer :
- l'épaisseur nécessaire de la dalle,
- la classe de résistance du béton requise,
- la dose de macrofibres,
- les dimensions appropriées des joints,
- ainsi que tout renfort en acier local qui pourrait encore s'avérer nécessaire.
La conception structurelle ne constitue pas une dépense supplémentaire inutile. Elle permet d’éviter à la fois une conception insuffisante, source de risques, et une conception surdimensionnée, inutilement coûteuse.
Comment fabrique-t-on du béton avec des macrofibres structurelles ?
Les macrofibres structurelles peuvent simplifier le processus de coulage du béton, mais chaque étape de la construction doit tout de même être réalisée correctement.
Préparation de la couche de fondation
Une dalle en béton ne peut fonctionner correctement que si elle est soutenue de manière uniforme. Une couche de fondation fragile, instable ou irrégulière peut entraîner un tassement que ni le treillis métallique ni les macrofibres ne peuvent entièrement corriger.
La couche de fondation et la couche de base doivent donc présenter les caractéristiques suivantes :
- correctement compacté,
- formé de manière uniforme,
- et superposées par couches distinctes lorsque cela s'avère nécessaire.
Dosage des fibres
Les macrofibres doivent être ajoutées au béton conformément aux instructions du fabricant. Il convient d’ajouter la quantité totale requise et de la répartir uniformément dans l’ensemble du mélange.
Des fibres peuvent être ajoutées :
- à la centrale à béton,
- dans le camion-malaxeur,
- ou dans une bétonnière installée sur le chantier.
La procédure exacte dépend des instructions du produit et du mode de fabrication du béton.
Un mélange adéquat
Si le temps de malaxage est trop court, les fibres risquent de rester agglomérées. L’objectif d’un malaxage adéquat est de répartir les fibres de manière homogène dans le béton.
Les fibres ne doivent pas être versées en une seule grosse masse en un seul point, sauf si les instructions du fabricant autorisent expressément cette méthode.
Mise en place et compactage du béton
Le béton fibré doit être correctement compacté, tout comme le béton classique. Les poches d’air et les vides réduisent sa résistance et sa durabilité.
Finition des surfaces
Des macrofibres structurelles correctement incorporées n’empêchent généralement pas le nivellement et la finition du béton. La finition de surface doit néanmoins être réalisée au stade approprié de la prise du béton.
Durcissement
Le durcissement du béton est l’une des étapes les plus importantes du chantier. Une perte d’humidité trop rapide peut entraîner l’apparition de fissures en surface, affaiblir le béton et réduire sa durabilité.
Le durcissement peut être effectué à l’aide :
- bâches en plastique,
- un durcissement régulier à l'eau,
- ou un agent de durcissement.
Joints de coupe à la scie
L’utilisation de macrofibres structurelles ne signifie pas pour autant que tous les joints de dilatation et toutes les découpes à la scie puissent être supprimés.
L’emplacement, la profondeur et l’espacement des joints doivent être déterminés en fonction des dimensions, de la forme et des charges de la dalle en béton. Les découpes à la scie doivent être effectuées au moment opportun afin que le béton se déplace le long des lignes prévues.
Erreurs courantes lors du coulage du béton sans armature
Confondre les microfibres et les macrofibres
L’une des erreurs les plus courantes consiste à utiliser ou à vendre des microfibres fines comme renfort structurel destiné à remplacer les treillis métalliques soudés.
Les microfibres permettent principalement de réduire la fissuration due au retrait précoce. Le remplacement des treillis métalliques soudés nécessite l’utilisation d’une macrofibre structurelle présentant des performances techniques adaptées et validées.
Apport insuffisant en fibres
Si la quantité de fibres ajoutée est insuffisante, le renfort risque de ne pas être en mesure de remplir la fonction structurelle qui lui est destinée.
Épaisseur insuffisante de la dalle
Les macrofibres ne dispensent pas de respecter une épaisseur de béton suffisante. Une dalle trop fine peut tout de même céder sous l’effet de charges importantes, même si des macrofibres sont utilisées.
Fondation fragile ou mal compactée
Le renforcement par fibres ne permet de compenser que dans une mesure limitée le tassement sous la dalle de béton. Une préparation adéquate de la couche de fondation est donc indispensable.
Ajouter trop d’eau
On ajoute souvent de l’eau sur le chantier pour faciliter la mise en œuvre du béton. Un excès d’eau réduit toutefois la résistance finale, accentue le retrait et augmente le risque de fissuration.
Durcissement insuffisant
Même un béton correctement armé peut être endommagé s’il sèche trop rapidement au cours des premières phases de prise.
Conception défectueuse des articulations
Les macrofibres contribuent à limiter l’apparition de fissures, mais elles ne remplacent pas pour autant, dans tous les cas, un agencement de joints correctement conçu.
Utilisation d’un produit sans documentation appropriée
Le terme « fibre de béton » ne suffit pas à lui seul à prouver qu’un produit est adapté au renforcement structurel. Il convient de vérifier la documentation technique du produit et son application prévue avant toute utilisation.
Quels documents doivent accompagner une macrofibre structurelle ?
Les macrofibres structurelles étant intégrées dans les ouvrages de construction, leurs performances techniques doivent être étayées par une documentation appropriée.
Parmi les documents et informations les plus importants, on peut citer :
- Déclaration de performance,
- Le marquage « CE », lorsque cela est requis par la réglementation applicable au produit,
- fiche technique,
- instructions d'utilisation,
- résultats des tests,
- informations relatives au contrôle de la production en usine,
- et la référence à la norme applicable.
La norme européenne EN 14889-2 constitue une référence importante pour les fibres polymères utilisées dans le béton ; elle définit les exigences essentielles applicables à ces fibres.
Que faut-il vérifier ?
Il ne suffit pas de vérifier si le marquage « CE » figure sur un document. La documentation doit également indiquer clairement :
- le produit précis auquel il s'applique,
- l'utilisation prévue de la fibre,
- les propriétés qui ont été testées,
- et la dose à laquelle son efficacité a été vérifiée.
La documentation et les performances d’une macrofibre structurelle ne sont pas les mêmes que celles d’une simple microfibre de contrôle des fissures.
La macrofibre structurelle ArmoTec : une alternative au treillis métallique soudé
ArmoTec est une macrofibre structurelle incorporée directement dans le béton et conçue pour renforcer les dalles en béton reposant sur le sol.
Lors du malaxage, les fibres se répartissent dans tout le volume du béton et forment une armature tridimensionnelle. À dosage adéquat, ArmoTec permet de combler les fissures et de répartir les charges sur les zones fissurées du béton.
Les principaux avantages d’ArmoTec
- il ne rouille pas,
- il est facile à transporter et à ranger,
- cela ne nécessite ni découpe ni nouage,
- les entretoises en treillis métallique ne sont pas nécessaires,
- cela permet de réduire la durée des travaux,
- elle se répartit sur toute la section transversale du béton,
- et il peut remplacer le treillis métallique soudé dans certaines dalles reposant sur le sol.
ArmoTec peut être utilisé dans des applications telles que :
- allées,
- sols de garage,
- surfaces en béton à l'extérieur,
- sols industriels,
- dalles en béton à usage agricole,
- les sols des entrepôts et des ateliers,
- et les fondations en dalle, à condition qu'elles soient conçues de manière appropriée.
La dose requise doit toujours être déterminée en fonction de l’épaisseur de la dalle, des charges prévues, des conditions du sol de fondation et des conditions de chantier.
Pour les projets de grande envergure ou présentant des charges particulières, un calcul structurel peut être réalisé afin de déterminer l’épaisseur de béton et le dosage de fibres requis.
Résumé : Dans quels cas le renforcement du béton sans acier constitue-t-il un bon choix ?
L’armature du béton sans acier ne convient pas à toutes les structures, mais elle peut constituer une solution sûre et économique pour de nombreuses dalles en béton reposant sur le sol.
Les macrofibres structurelles peuvent :
- permettre de se passer de la pose d'un treillis métallique soudé,
- simplifier la manutention,
- réduire la durée des travaux,
- éliminer le risque de corrosion des armatures,
- et créer une armature tridimensionnelle sur toute la section transversale du béton.
Cependant, pour obtenir un résultat fiable, il ne suffit pas de simplement ajouter des fibres au béton.
Le projet nécessite également :
- une couche de fondation correctement préparée,
- une épaisseur de béton correctement choisie,
- une qualité de béton adaptée,
- des macrofibres structurelles aux performances éprouvées,
- un dosage adéquat en fibres,
- compactage et durcissement professionnels,
- des joints correctement conçus,
- et les calculs de structure pour les applications soumises à de fortes charges.
La question n’est donc pas de savoir si l’acier peut toujours être supprimé. La véritable question est de déterminer quelle solution d’armature offre les performances requises pour l’ouvrage en béton concerné, tout en permettant la méthode de construction la plus simple et la plus économique.
Foire aux questions
Peut-on couler du béton sans armature en acier ?
Oui. Certaines dalles en béton posées sur sol peuvent être réalisées sans treillis métallique soudé, en utilisant des macrofibres structurelles. La pertinence de cette solution dépend des charges, de l’épaisseur de la dalle, du sol de fondation et du dosage en fibres.
Les macrofibres structurelles peuvent-elles remplacer les treillis soudés en acier ?
C’est le cas pour de nombreuses dalles reposant sur le sol, en effet. Cependant, il ne faut pas systématiquement omettre l’armature en acier dans les dalles suspendues, les poutres, les poteaux ou d’autres structures porteuses.
Quelle quantité de macrofibre faut-il par mètre cube de béton ?
La quantité nécessaire dépend du type de macrofibre, de l’épaisseur de la dalle et des charges prévues. Le dosage approprié doit être déterminé en suivant les recommandations du fabricant ou à l’aide d’un calcul structurel.
Le béton renforcé de fibres est-il aussi résistant que le béton armé ?
Ces deux systèmes fonctionnent différemment ; ils ne peuvent donc pas être considérés comme équivalents pour tous les types de structures. Dans une dalle reposant sur le sol correctement conçue, les macrofibres structurelles peuvent être capables de remplir la fonction d’un treillis métallique soudé.
Peut-on utiliser des macrofibres structurelles pour les allées ?
Oui. Les macrofibres structurelles constituent souvent une alternative valable aux treillis métalliques soudés dans les allées, à condition que l’épaisseur de la dalle, la préparation du sol de fondation et le dosage en fibres soient adaptés.
Les macrofibres structurelles peuvent-elles être utilisées dans les sols industriels ?
Oui. Toutefois, les sols industriels soumis au passage de chariots élévateurs, de machines, de rayonnages de stockage et d’autres charges concentrées peuvent nécessiter une conception structurelle.
Les macrofibres structurelles rouillent-elles ?
Les macrofibres structurelles en polymère ne rouillent pas, ce qui les rend particulièrement adaptées aux environnements humides et aux zones exposées à des substances chimiques.
Un calcul de structure est-il nécessaire pour le béton fibré ?
Les recommandations du fabricant en matière de dosage peuvent s’avérer suffisantes pour les projets de petite envergure et soumis à des charges légères. Il est recommandé de réaliser des calculs structurels pour les dalles de plus grande taille, à usage industriel ou soumises à des charges importantes.
Peut-on utiliser des macrofibres dans les dalles suspendues ?
Les macrofibres structurelles ne doivent pas être systématiquement utilisées en remplacement des armatures en acier dans les dalles suspendues. Le système d’armature doit toujours être défini par un ingénieur en structure.
Quelle est la différence entre les microfibres et les macrofibres ?
Les microfibres permettent principalement de réduire les fissures de retrait précoces dans le béton frais. Les macrofibres structurelles sont des fibres de plus grande taille qui peuvent jouer un rôle de renforcement structurel lorsqu’elles présentent des propriétés techniques adaptées et sont utilisées à la dose appropriée.








